Le mot du Président

     L’histoire maritime est vivante dans notre pays et elle mobilise ! Nous sommes à Rochefort à la fin du mois de septembre et l’été n’a pas encore cédé sa place aux frimas de l’automne. La Charente est toujours aussi tranquille et l’Hermione a pris ses quartiers d’hiver, le soleil éclaire les hommes au travail sur le pont, ça sent la peinture et le bois, l’arrière-saison est vraiment magnifique. Cette année, la ville fête ses 350 ans et les festivités, les conférences et les manifestations en tout genre ont rythmé la vie des habitants de Rochefort comme de ceux de la Charente-Maritime environnante (www.350ans.ville-rochefort.fr. Acteur essentiel de la vie culturelle locale, le CERMA (Centre d’Etudes Rochefortaises Maritimes) participa naturellement à cet évènement important en proposant un cycle de conférences intitulé « Rochefort : 350 ans d’une histoire renouvelée ». Du 26 au 30 septembre, entre Tonnay-Charente et plusieurs sites disséminés dans Rochefort (Service historique de la Défense, la Société de Géographie, l’École de médecine navale ou encore la Corderie), j’ai eu le privilège et le bonheur de participer, avec d’autres historiens, à ces belles conférences d’un excellent niveau. Ma surprise a été grande devant l’audience, autour d’une centaine de personnes chaque soir, et la qualité d’un public dont la connaissance de son histoire locale et de son patrimoine était impressionnante. Cette belle journée à Rochefort ne pouvait que rendre optimiste sur l’intérêt de notre tâche, promouvoir l’histoire maritime partout dans les territoires, aller à la rencontre d’un public avide de connaissances et soucieux d’échanger. Longue vie au CERMA !

     Mes raisons d’être optimiste n’ont pas été déçues en constatant le nombre de votants à l’occasion de notre Assemblée générale. Comme tous les trois ans, nous devions procéder à un renouvellement du conseil d’administration et vous avez été nombreux à vous exprimer. Dans ces grandes lignes, celui de la période 2013-2016 a été reconduit et je vous remercie pour votre confiance. Christiane Villain-Gandossi et Joël Gratat n’avaient pas souhaité se représenter à nouveau et nous accueillons avec plaisir Jacques Petit. Vous pourrez prendre connaissance à la fin de la Chronique du compte-rendu de cette Assemblée générale élective, aussi je ne reviendrai pas sur les enjeux et les grands chantiers qui nous attendent pour l’avenir. Simplement, nous aurons à cœur de faire rayonner encore davantage la Société Française d’Histoire Maritime en prenant part aux différentes manifestations, nombreuses sur notre territoire, et en nous associant à des projets scientifiques et éditoriaux. Longue vie à la Société Française d’Histoire Maritime !

     En attendant, je vous souhaite une excellente fin d’année 2016 et une très bonne année 2017.

          David Plouviez

 

Le Conseil d'Administration de la SFHM

 

Les anciens Présidents de la SFHM

Anciens présidents du Comité de Documentation historique de la Marine

1958-1971. André Reussner † (1891-1971). Professeur à l’École navale, André Reussner a dirigé le Service Histoire de la Marine de 1935 à 1958 et a été président de l’Académie de Marine entre 1957 et 1958. Il a contribué à l’écriture de l’histoire de la marine et des colonies du XIXe siècle avec ses Éléments d’histoire maritime et coloniale contemporaine (1815-1914) [avec Joannès Tramond] et renouvelé l’approche de la puissance navale en dirigeant la monumentale série La puissance navale dans l’histoire du Moyen-Âge à l’époque contemporaine.

1971-1984. Jean Émile Cornuault † (1906-1984). Après une longue carrière dans la Marine débutée en 1926 où il exerça plusieurs commandements, Jean Émile Cornuault est promu contre-amiral et chef d’Etat-major à l’inspection générale des Forces maritimes et aéronavales en 1959. En marge de sa carrière professionnelle, il est l’auteur d’Un panorama de la Marine de Louis XV à Charles X à partir du témoignage de l’amiral François de Rosily-Mesros et publia ses Souvenirs d’un officier de Marine de 1926 à 1963.

1985-1991. Maurice Dupont † (1909-2007). Entré dans la Marine en 1929, il débuta sa carrière comme sous-marinier avant de l’achever comme contre-amiral et commandant de l’arrondissement maritime de Rochefort de 1964 à 1968. À ce titre, il s’attacha à la remise en état de la Corderie royale qu’il fit classer et dont il permit la restauration. Spécialiste de l’époque napoléonienne, il publia plusieurs ouvrages historiques, et en particulier L’amiral Decrès et Napoléon, ou la fidélité orageuse d’un ministre (1991) pour lequel il reçut le Grand prix de la Fondation Napoléon. Il était membre de l’Académie de Marine.

1991-2000. Étienne Taillemite † (1924-2011). Diplômé de l’École nationales des Chartes en 1948, il devient archiviste au ministère de la France d’outre-mer et développe un intérêt pour l’histoire maritime et coloniale. Il participe à la direction de nombreuses sociétés d’archivistes et d’historiens dont l’Académie de Marine dont il est membre président (1986-1987). En 1985, il quitte sa fonction d’inspecteur général des Archives de France. Il a publié de nombreux instruments de recherche d’archives dont l’inventaire de la sous-série Marine B7 (4 vol.) ainsi que plusieurs ouvrages majeurs en histoire maritime dont L’histoire ignorée de la Marine française (1988) et Bougainville (2011).

Anciens présidents de la Commission française d’histoire maritime

1980-1981. René Sabatier de Lachadenède † (1911-1992). Après sa formation à l’École navale, René Sabatier de Lachadenède fait une carrière dans la Marine à bord, par exemple, des contre-torpilleurs Verdun, Chevalier de Paul ou Valmy, du croiseur Colbert ou du destroyer Somali. Promu contre-amiral en 1965, il commanda le Centre d’entrainement de la flotte à Toulon avant d’occuper des fonctions au Secrétariat général de la Défense nationale. Commandeur de la Légion d’honneur, René Sabatier de Lachadenède est titulaire de la croix de guerre. On lui doit La Marine française et la guerre civile d’Espagne, 1936-1939, ouvrage publié à titre posthume par le Service historique de la Marine en 1993.

1981-1983. Étienne Taillemite †. Voir plus haut.

1983-1985. Jean-Louis Miège (né en 1923, à Rabat). Spécialiste du Maroc au XIXe siècle, Jean-Louis Miège a été professeur à l’Université de Rabat, puis à l’Université d’Aix-Marseille. Responsable d’une revue portant sur les relations entre l’Europe et le Maroc. Président du Comité international d’études méditerranéennes et membre du Centre de recherches sur l’Afrique méditerranéenne (section moderne et contemporaine). Sous sa présidence à la CFHM, une première implantation locale de la Commission nationale fut engagée dès 1984, sous l’appellation « Délégation Méditerranée ».

1985-1989. Ulane Bonnel † (1918-2006). Élève à l’École des officiers féminins de l’US Navy à Northampton, elle servit dans la marine pendant la seconde Guerre Mondiale et quitta le service en 1946 avec le grade de capitaine de corvette. Épouse de Paul-Henri Bonnel, membre de la mission navale à Washington. En 1961, elle publia sa thèse sur La France, les États-Unis et la guerre de course 1797-1815. Déléguée en France de la Library of Congress, elle participe activement à l’histoire maritime à l’intérieur de sociétés françaises et internationales. En 1979, elle crée la Chronique d’histoire maritime et, en 1980, la Commission française d’histoire maritime. En 1985, elle est élue membres titulaire de l’Académie de Marine.

1989-1991. Hervé Coutau-Bégarie † (1956-2012). Professeur à l’Institut catholique d’études supérieures et directeur d’études à l’École pratique des hautes études, Hervé Coutau-Bégarie a consacré sa carrière à l’étude de la géopolitique de la stratégie militaire, notamment maritime, en donnant de nombreux cours à l’École supérieure de guerre navale, à l’École supérieure de guerre interarmées, entre autres établissements (voir son Traité de stratégie). Fondateur de l’Institut de stratégie comparée (ISC) en 1994, Hervé Coutau-Bégarie a co-dirigé avec le général Lucien Poirier la collection Bibliothèque stratégique chez Économica.

1991-1995. Jacques Chatelle. Contre-amiral

1995-2000. Philippe Haudrère est professeur émérite d’histoire moderne à l’université d’Angers, secrétaire de l’Académie de Marine depuis 2011 et un spécialiste de la compagnie des Indes, du commerce entre l’Europe et l’Océan Indien à l’époque moderne et de l’activité de la flotte française en Asie. Depuis la publication de sa thèse en 1989, La compagnie française des Indes au XVIIIe siècle (1719-1795), un « monument » selon Pierre Chaunu, Philippe Haudrère est l’auteur de nombreux ouvrages, dont une première synthèse sur Les compagnies européennes des Indes orientales publiée en 2006.

Anciens présidents de la Société française d'histoire maritime

2000-2004. Michel Vergé-Franceschi (né en 1951, à Toulon) est spécialiste de la Marine française à l’époque moderne et de l’histoire de la Corse. En 1987, il soutient une thèse d’État sur Les officiers généraux de la marine royale. Directeur du laboratoire d’histoire et d’archéologie maritime à l’époque moderne, installé à l’université de Paris-IV Sorbonne, Michel Vergé-Franceschi est professeur d’histoire moderne à l’université de Savoie à Chambéry entre 1986 et 2000 puis ensuite à l’université François Rabelais de Tours.

2004-2010. Jacques Chatelle. Contre-amiral

2010-2013. Henri Legohérel, Recteur